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merci nak...j'ai beaucoup l'histoire et cet fait de société.
pu isons l'eau à la source du puit..
Par Amiral, le 07.09.2021
très édifiant mon boss
Par Anonyme, le 07.09.2021
un article très profond dont je dois reconnaître le talent du rédacteur qui pour moi incarne les valeurs intri
Par Israel, le 09.02.2017
merci joseph pour ton intérêt...et ton avis que je partage....en même temps, je ne pense pas que le succès soi
Par jeunesdafrique, le 07.02.2017
tu mangeras à la sueur de ton front a-t-il dis dieu. l expérience quotidienne m a aussi montré que l homme est
Par joseph, le 07.02.2017
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Date de création : 23.01.2011
Dernière mise à jour :
14.05.2024
42 articles

Je m’étais rendu un soir du mois de juin au bureau de l’Agence Universitaire de la Francophonie à Hanoi. Je devais rencontrer son directeur dans le cadre des entretiens de mon mémoire de Master. Nous avions alors discuté longuement avec Olivier notamment sur les enjeux et perspectives de la mondialisation ainsi que sur la diversité culturelle et linguistique en Asie-Pacifique.
Au terme de nos échanges, il m’avait fait l’honneur d’un tour d’introduction auprès de ses collègues. C’est ainsi que je fis la connaissance de Armelle, son Attachée de communication. Une jeune dame d’une quarantaine d’années environ. Trois traits caractéristiques m’ont immédiatement attiré chez elle : le sourire, l’énergie et l’humour. Armelle inspirait une certaine joie de vivre et avait l’air sublime dans sa mini-jupe noire. C’est d’ailleurs cette image que je garde d’elle, en tapant mon clavier ce soir….
Armelle était à la recherche d’un étudiant francophone pour partager dans une capsule vidéo son expérience d’immersion en Asie et je semblais correspondre au profil du prospect idéal. J’acceptai la proposition seulement avec l’envie unique de la revoir.
Nous étions 18h du vendredi et Olivier nous proposa soudainement de prendre un verre… au bistrot de Hanoi. Armelle et moi lui fîmes l’honneur d’accepter.
Le bistrot de Hanoi rappelle l’extase, la satiété, la saturation…c’est la nuit qui avale la mélancholie et l’alcool qui noie la peur. Le bistrot de Hanoi, c’est le rendez-vous de l’oubli et de l’énergie. C’est l’amour, la beauté et le plaisir qui se toisent. C’est la lumière tamisée qui rappelle les allées de Bellecour, au crépuscule d’été. C’est simplement l’envie de vivre.
C’était un petit endroit sympathique où l’on buvait, mangeait, rigolait, racontait des blagues ou pleurait. Parfois l’un des invités, au bout du 4ème verre décidait subitement de chanter…il y avait tellement de gens différents mais tous semblaient réunis autour d’un même but : se faire plaisir et apprendre. Attention, le bistrot de Hanoi n’était pas un lieu de débauche, c’était plutôt un atelier de la pensée… on y déclamait des poésies…On parlait de Musset, de Baudelaire ou de Madame de Sévigné.
Aujourd’hui dix années se sont écoulées et cette balade d’un soir m’est restée.
Qu’avez-vous fait ? C’est la question que l’avenir posera au soir de la vie humaine quand la machine nous aura définitivement remplacé. Peut-être dirions-nous que nous ignorions vers où nous menait le fameux progrès. Peut-être dirions-nous que l’oligarchie était plus forte que nous. Peut-être même s’en trouvera t’il quelques-uns qui dirons que c’était pire avant.
Coup d’épée dans l’eau ? ils sont pourtant nombreux ceux qui depuis plusieurs décennies déjà nous alertent des conséquences irréversibles de l’intelligence artificielle. Mais rien n’émeut la vie. Chaque jour des milliers de gens marchent, courent, s’occupent et se sur-occupent pour nourrir le présent. Laissant ainsi le fondamental, l’existentiel, le futur dans les mains de cupides albatros. Comment peut-on se sentir si peu concerné de questions aussi graves qui menacent l’extinction de l’humanité entière ? Pour sa survie, le monde ne devrait-il pas faire une halte et se questionner ?
Les masses de données construites par des programmes et hors contrôle humain détruiront à coup sûr le monde. Tenez-vous, ils peuvent aujourd’hui vous faire aimer, haïr, acheter, vendre, voter, espérer, enfanter etc. ils touchent l’humanité dans ce qu’elle a de plus profond et précieux : l’émotion, la simplicité. Et, ils répondent à ceux qui s’en trouvent choqués par le mirage d’un monde de demain immortel grâce à la médecine, super intelligent, trans-humain grâce aux puces et capteurs. Ils disent que l’intelligence artificielle chassera la faim et pacifiera le monde.
Je crois, qu’on ne saurait s’opposer à l’évolution, au changement mais on a le droit de choisir. Le rôle de la science est d’être au service de l’homme et non l’inverse. Je crois à l’intelligence artificielle pour optimiser l’agriculture, la santé etc. Je ne crois pas en elle lorsqu’elle manipule, pense et décide. Peut-on laisser au nom de la liberté quelques individus détruire irrémédiablement notre monde ? je m’insurge.
Cela fera bientôt une année que je n’ai pas écrit sur mon blog. Je sais que peu de gens me lisent de toute façon. Pourquoi donc se donner la peine d’écrire? Le temps a passé. J’ai grandi depuis et je me suis assagi. Je n’ai plus cette prétention juvénile de délivrer l’Afrique. Je veux me libérer moi-même des chaines qui m’ont fait jadis penser à l’Homme providentiel. Cet homme n’existe pas. La réalité, c’est que j ’ai lutté dans ma modeste vie contre une seule chose : le pessimisme. Peut-être parce que la vie m’avait déjà fait voir tout ce qu’il pouvait avoir de pire. Ma vie a été forgée sur une foi, une conviction : Tout ce qui est imaginable par l’Homme est réalisable par l’Homme. Même si vous n’êtes pas africain, cela vous indigne peut- être qu’une partie de l’Humanité soit réduite à quelque chose qui ne vaut pas plus que les chiures d’un charognard. J’ai toujours cru qu’il suffisait d’un simple point d’appui pour soulever le monde. J’ai toujours cru à la renaissance du continent, parce que tout sur Terre n’est qu’un éternel recommencement. Aujourd’hui je suis triste. Pourquoi d’ailleurs créer un blog ? est-ce un besoin de reconnaissance ? un orgueil ? une envie de donner des leçons ? à qui d’ailleurs …non j’écris pour moi-même. J’ai envie de changer et non de changer les autres. J’ai compris que les Hommes croient plus à ceux qui reflètent qu’à ceux qui enseignent. Entre infinies courses, batailles, envies, je prends aujourd’hui une pause. Pour contempler et dire merci à la vie. Si vous me lisez sachez que tous les pas que vous posez ont leur toison d’or. Rien n’est inutile. Vous êtes comme ce colibri qui éteint l’incendie avec un bec. Continuez svp !
Je suis depuis ce matin à Bobo Dioulasso, c’est dire à l’un des endroits au monde où j’aimerais y vivre. Il est vrai que mon idylle avec cette ville dure depuis une décennie mais rien n’a faibli de l’appréciation, du respect et de l’estime que j’ai pour bobo. Si vous aimez le football, vous savez peut-être que le meilleur des buts est celui qui égalise. Il procure plus d’émotions, plus de joies. Aller à la rencontre de Bobo me donne la sensation de marquer des buts d’égalisation. A la croisée de l’histoire, de la culture et de la géographie, bobo est semblable à la sève nourricière des grands baobabs d’Afrique. D’ailleurs pourquoi n’aimerions-nous pas bobo ? Chaque fois que j’y vais, je pense à Guimbi OUATTARA. Oui à cette brave femme pour qui la diversité, l’hospitalité et l’indépendance ne furent pas simplement que des mots. Je pense aussi à tous ces artistes peintres, amateurs passionnés de la beauté qui ont su donner à bobo, sa noblesse. J’y vais par toutes les ruelles, les allées, et tous les sentiers boisés et je ne retrouve rien de comparable ailleurs. Il y a d’ailleurs en chacun de nous une partie de bobo parce qu’il y a en chacun de nous la joie, le sourire et l’envie de vivre. Parce qu’il y a à bobo des regards dont on ne s’en détourne jamais et des sourires que l’on n’oublie pas. Les femmes de bobo poussent comme la rosée et scintillent comme les diamants. Les Hommes eux préfèrent la mort au déshonneur. Si un jour vos pas vous portent vers cette destination de mes rêves : je vous suggère le soir d’aller noyer votre haine de la routine dans la poésie des orchestres du Tarkaye. Permettez à vos yeux d’apprécier l’architecture de la vieille mosquée. Ne manquez pas également d’aller voir les silures, de vous baigner à la guinguette. Partez en train et revenez en bus. N’oubliez pas de boire du thé.
Il a 60 ans ou peut-être un peu moins mais on lui donnerait facilement 80. La moitié du corps paralysée, il tient encore grâce à deux béquilles. Maigre, le visage pâle, les lèvres bien rouges et abimées, il m’a tendu ce matin une main frêle et fragile que j’ai hésité à saisir. La bouche du nouvel arrivant était béate, laissant couler permanemment une salive multicolore. Sa toux était régulière et il semblait continuellement cracher du sang.
Curieux, je fixai à nouveau le vieil homme en haillons et son visage me parut alors familier. Non, c’est certainement une ressemblance pensais-je tout bas. Car nullement il ne pouvait s’agir du richissime homme d’affaires que j’ai connu et entendu parler pendant mon enfance.
Reprenant alors le fil de la discussion que j’avais depuis peu engagée avec mon garagiste, je n’avais plus vraiment prêté attention au « vieux ». Je m’intéresserai une fois de plus à lui lorsque deux mécaniciens accourront ; l’un avec une chaise et tous les deux entonnant comme un chœur : « Bienvenu Patron ».
- Papa, lui dis-je alors, si des gens ne se ressemblent pas, j’ai souvenance d’avoir connu dans mon enfance quelqu’un qui partage les mêmes traits du visage que vous. On l’appelait affectueusement « Japonais ».
- Après un petit moment de silence il me lança enfin ceci : « Suis-moi mon enfant »
Nous traversâmes alors le cimetière de voitures « France Au revoir » pour nous installer dans un espace exigu au fond du garage. Il me fixa alors silencieusement pendant un long moment. Mais son regard semblait vide. Je reconnu tout de suite « Japonais » car ses yeux en dépit de l’usure du temps avaient conservé leur courbure. Ce repli qui lui a valu justement ce surnom « Japonais » qu’il porte depuis qu’il était tôlier.
« Mon fils me dit-il enfin…si tu connais quelqu’un qui boit de l’alcool, je t’en supplie dis-lui d’arrêter stp. En 1984 après avoir démissionné de la fonction publique, je lançais à 24 ans mon tout premier garage. A l’époque il y en avait très peu dans le pays et j’avais surtout l’avantage de faire partie des premiers peintres-tôliers formés à l’étranger. Mon garage refusait alors de clients. Mon engagement en politique m’avait automatiquement ouvert les portes de presque tous les marchés publics. En deux années, j’avais déjà réussi à bâtir un capital social et financier hors norme si bien que si l’on citait dix noms de personnalités incontournables, mon nom y ressortait forcément.
A 27 ans j’avais déjà construit deux grosses villas et acquis trois voitures dont une décapotable. J’étais alors très courtisé par toutes les filles de mon quartier et même par des femmes mariées à qui je n’hésitais pas à distribuer des liasses de 200 000FCFA (avant même la dévaluation). Il m’arrivait de sortir couramment avec 3 millions les soirs juste pour boire de l’alcool avec mes amis. J’ai d’ailleurs aidé nombre d’entre eux quid à acquérir des parcelles, quid des voitures, etc. Je me suis marié après avoir « gouté » presque toutes les filles du voisinage et même après mon mariage j’ai continué à croquer la vie à pleine dents jusqu’au 20 octobre 2004 : date à laquelle mon médecin traitant m’a diagnostiqué une hémiplégie et d’autres maladies plus graves. La sentence était horrible : Je passerai le restant de ma vie malade et paralysé sur le côté gauche. Je suis donc resté plus de 2 ans à l’hôpital où j’ai fait 6 jours de coma. Malade, aucun ami n’est passé me voir sauf un. Je veux ici rendre hommage à ma femme qui est restée à mes côtés malgré la maladie incurable que je lui ai transmise et qui continue encore aujourd’hui à me masser.
En quinze ans de paralysie, j’ai vendu tous mes biens sauf ce petit garage. A l’époque il faisait quatre parcelles. Nous en avons vendu trois. Ma femme m’a défendu de vendre cette dernière parcelle. Sinon je l’aurais fait depuis. Je survis aujourd’hui grâce à l’aumône de braves gens et mon histoire est racontée pour relativiser les malheurs des autres. J’ai honte et peur à la fois, aujourd’hui je marche et je rase les murs. Je suis allé partout, dans les églises, les mosquées dans la tradition. J’ai tout essayé mon enfant mais j’ai été déçu. J’attends maintenant la fin »
Je suis ressorti de ce témoignage déboussolé et dans ma tête une seule phrase résonnait : « la fin d’une chose vaut mieux que son commencement ».
Il y a déjà 25 ans et j’ai encore souvenance de cette période où nous sortions tous les soirs avec nos petites boites et nos entonnoirs. Nous parcourrions alors toutes les artères de la ville de Ouagadougou, entrant dans toutes les concessions et entonnant toujours le même refrain : « Pétrole ! Pétrole ! ». Tantôt rabroués comme de petits voleurs, tantôt poursuivis par des chiens : nous n’étions pourtant que de fiers petits vendeurs à la sauvette.
Mais attention nous n’étions pas seulement des vendeurs ordinaires, nous étions aussi des gens heureux. En effet il nous arrivait fréquemment de chanter, de danser, d’aller au vidéo club, d’aller nous baigner, d’aider les autres, de nous battre entre nous, et de partager quelques fois nos recettes journalières…nous étions ce que beaucoup d’entre nous souhaitent être ou redevenir aujourd’hui : des gens bien.
Mais pourquoi me vient-il subitement ce souvenir ? faut-il croire que c’était mieux avant ? doit-on être pauvre pour être heureux ? le temps a t’il fait de nous des gens méchants ? pourquoi avons-nous l’obligation d’être heureux ?
Autant de questions auxquelles je tenterai de répondre, bien entendu à travers le prisme biaisé de mon histoire. Mais avant tout que faudrait-il entendre par bonheur ?
« Un seul bâton pour le troupeau mais à chaque homme dit-on son bâton ». Il serait donc prétentieux voire mal élucidé de vouloir définir le bonheur... car il s’agit en effet d’un ressenti personnel. Contrairement à ce que l’on pourrait y penser, le bonheur est tout sauf un carcan d’indicateurs et de présumés besoins inhérents au genre humain. Ne me faites pas écrire, au risque d’attirer la haine que par endroit la femme brimée est parfois consentante…un peu comme l’âne qui recherchant le paradis se plait dans les coups de fouets de son maitre. De même que travailler à Wall Street n’offre aucune garantie de bonheur par rapport à pousser des barriques d’eau dans le Nayala ; Je vois parfois la misère dans les yeux des poupées des femmes occidentales et des étincelles dans le visage des joujoux des enfants du Sahara.
Mais pour tout vous dire je crois naïvement que le mot bonheur devrait être uniquement au pluriel. Pour moi il n’existe pas de bonheur, il n’existe que des bonheurs. Chacun y va donc de son expérience, de son référentiel culturel. Même si aujourd’hui encore il prospère quelques idées reçues sur le bonheur, qu’il nous appartient communément de déconstruire. Par exemple :
1. « L’argent ne fait pas le bonheur » : Effectivement. Mais la pauvreté non plus. Il y a aucune corrélation entre nos ressources et notre envie de vivre. Autrement dit les riches ne sont pas plus heureux que les pauvres et inversement. La bonne nouvelle est donc que chacun d’entre nous peut être heureux s’il le désire vraiment et cela, indépendamment de son patrimoine.
2. Il ne suffit pas d’être heureux, il faut aussi que les autres ne le soient pas : c’est un triste leurre de croire qu’on est plus heureux quand les autres sont malheureux. La réalité est qu’instinctivement l’Homme semble avoir été conçu avec le gène de la compétition. On m’a souvent raconté l’histoire de cette jeune fille qui venait d’échouer à son baccalauréat mais qui sautillait curieusement de joie alors qu’elle s’était rendue compte que sa camarade de classe avait elle aussi échoué.
3. Le bonheur est psychologique : Il est tout sauf cela. Ce n’est pas parce qu’on répète mille fois un mensonge que cela dévient une vérité. Certes croire qu’on est heureux est déjà un bon départ pour l’être (cela s’appelle de la reconnaissance en effet). Et c’est à force de ne pas être reconnaissant aujourd’hui que l’on finit par croire qu’hier était meilleur, que notre enfance était meilleure à notre adolescence qui elle aussi était meilleure à notre vie d’adulte. Non le bonheur n’est pas un état d’esprit…si vous êtes un vieux de 70 ans avec un esprit de 14 ans, cela ne fait pas de vous un jeune homme de 14 ans. Si vous ne me croyez pas, essayez de manger du « kabakourou » en pensant au hamburger et dites-moi le gout.
4. Je ne suis pas heureux parce que les gens ne m’aiment pas : Mais toi aimes-tu les gens ? Pourquoi veux-tu être aimé ? Ah cela me rappelle des extraits de « Femmes en guerre » de Achebe : « Papa, je ne peux pas marier cette femme, parce que je ne l’aime pas » et au vieux de répondre « Mais pourquoi devrais tu l’aimer ?, je ne te demande pas de l’aimer…je te demande de la marier ». Etre heureux c’est toujours donner sans rien attendre en retour, c’est aimer avant d’être aimé, c’est comprendre avant d’être compris, c’est aussi pardonner avant d’être pardonné. Mais tout en gardant soigneusement dans le panthéon de tes valeurs le respect de ta propre personne. Non tu n’es pas un homme au-dessus des autres mais ne permet pas non plus à quiconque de te faire croire que tu en es un, en dessous. Du reste c’est en t’aimant toi-même que les autres finiront par t’aimer.
Pourquoi faut –il alors se donner l’obligation d’être heureux ?. Je pense qu’il ne faut surtout pas être heureux pour donner l’exemple comme l’avait dit le poète. Cela peut paraitre arrogant de vouloir apprendre aux gens comment on devient heureux. Plus inadmissible il ne faut pas être heureux parce qu’on en a simplement le droit. Autrement est-il légitime de l’être quand les autres ne le sont pas ? Il ne faut pas non plus être heureux juste parce que les Saintes Ecritures nous le commandent.
Mais il faut obligatoirement être heureux. Pourquoi ? Aussi bête que cela puisse paraitre, je pense qu’Il faut absolument être heureux parce qu’il ne faut pas être malheureux J . Oui si vous êtes malheureux, il est absolument impossible d’innover, de rêver, de croire, de vivre, de prier, d’aimer, d’aider, d’espérer, de partager…il est impossible de danser, de pardonner, de chanter, de rire, de vaincre .
Et si parfois le poids de la vie croule sur vos pieds, rappelez-vous juste que vous avez l’obligation d’être heureux. oui l'obligation
J’aime la vie des aéroports
Des enfants joyeux qui dérangent tout le monde
Des espaces somptueux qui rappellent que la vie a son mérite
J’aime la vie des aéroports
Des voyageurs qui nous font croire encore ...
Des femmes qui communiquent sans cesse
J’aime la vie des aéroports
Parfait incognito je bois une bière
Et je regarde le temps filer comme un oiseau
J’aime la vie des aéroports
Il y a toujours cette fille sexy qui dérange
Il y a aussi ce monsieur en costard cravate
Qui tape son clavier et scrute sans cesse sa montre
J’aime la vie des aéroports
Il y en a toujours qui boivent un café tranquillement
Il y en aussi qui trimballent une valise en courant
J’aime la vie des aéroports
Parfois c’est des retrouvailles hasardeuses
Mais souvent c’est de cruelles séparations
Il y a ceux qui accompagnent un ami
Et il y a celle qui attend son amour
J’aime la vie des aéroports
On y rencontre facilement monsieur le ministre
On perçoit de visu la mondialisation et ses excès
Voilà j’entends au fond de la salle d’attente des éclats de rires
Mais à côté de moi on ramasse des mouchoirs de larmes qui trainent
Il y a ceux qui sont « sapés comme jamais »
Et il y a aussi ceux qui frisent le ridicule
J’aime la vie des aéroports
Il y a le mec en lunettes qui dévore des bouquins
Et le jeune qui kiffe les dernières « vibes » ou mate des videos
Il y a aussi ceux qui parlent et ceux qui se taisent
Il y a ceux semblent heureux et ceux qui sont soucieux
il y a Roméo , Juliette ,Mamadoudou, Bineta
il y a toi et moi
Oui j’aime la vie des aéroports
La fraicheur vespérale inonde mon cœur
Doucement, je me souviens de ces belles vacances
De cette pluie matinale dans les champs de mon enfance
Quelle connerie l’âge ! J’ai la nostalgie de mon adolescence
Sur les berges du marigot et dans les luttes du Nayala,
J’ai vu mon histoire…
Je réclame ma liberté et ma joie,
D’être né de ma mère et dans la chaleur des pilons africains
Jamais je n’oublierai …
La ferveur de mon premier amour et la misère de la réalité,
Quand elle se dévoile à pleines dents
Mais je ne regrette rien…
De ce fouet de la fatalité entrée très tôt dans ma vie
De ces galères d’élève et d’étudiant,
Je ne regrette même pas ces échecs, ces peurs et parfois ces lâchetés…
Ayant compris très tôt que l’on ne devenait homme qu’après le troisième échec…
Et que la vie ne devenait jamais plus facile : c’est nous qui devenons plus forts...
Ce matin, j’ai rendu visite à un vieil ami ; un petit paysan de Sabcin à une centaine de km de Kaya. Après trois heures pleines de route et au détour de crevasses, ornières de chemins et parfois ralentisseurs, j’arrive enfin. De larges sourires sincères, des mères qui se prosternent, une eau succulente de bienvenue et un fauteuil de retraite…voilà comment je suis accueilli. Comment retenir cette goutte d’eau qui finit par jaillir de mes yeux lorsqu’un vieux, de l’âge de mon grand-père se courbe pour moi. Non rien, rien ne peut justifier un tel égard envers moi. Je suis et reste l’enfant. Aucune fortune, aucun savoir, aucune culture, rien oui vraiment rien ne doit amener un vieux à se plier pour me dire bonjour. Je refuse. Et là je me divise en quatre…
Ou va donc notre Afrique ? Et je suis tout d’un coup à la fois fier et triste. Fier parce qu’avec son cortège de désespérance, le ver de la mondialisation n’a pas encore atteint le fruit du sacre dû à l’étranger en Afrique des Villages. Je suis triste parce qu’aucun jeune, aussi fort, aussi grand ou riche qu’il soit ne doit surpasser le droit d’ainesse, un droit consacré.
Pour me faire plaisir, la famille ne lésine pas…du thé, du spaghetti, de la soupe de poisson puis un poulet entier. Pourquoi tant de sacrifices et d’attention ? Je suis pour tout dire très inconfortable aux petits soins, aux vouvoiements et au culte qu’on me voue. Moi qui sais qu’il n’a pas suffisamment plu cette année et que les jours prochains seront très pénibles pour eux, dois-je accepter tout cela ? En même temps m’est-il permis de refuser ? Quand on connait toute la portée sociale d’un tel acte.
Alors il faudra donner en retour…mais combien d’entre nous citadins daignent parfois porter ne serait-ce qu’une petite attention aux parents venus du village : « Je suis très occupé au travail », « ces gens-là croient qu’on ramasse l’argent en ville », « ils vont encore salir ma moquette »… On a souvent presqu’envie de se débarrasser d’eux lorsqu’ils viennent nous rendre visite. Parfois même on les évite : « non, je serai absent sur cette période, je t’appellerai.. » ou même on a honte d’eux…
Il est clair aujourd’hui que le citadin a trahi le rural tout comme certains serpents, reniant leur origine changent de peau. Il s’est forgé un idéal de bonheur sur des valeurs autres que les siennes. C’est un mirage car le bonheur se trouve parfois en dehors de cette vie mondaine fortement matérialiste. Moi, cette famille havre de paix où les enfants en haillons sont plein d’énergie, m’a beaucoup appris tout comme la sagesse africaine qui nous rappelle que le séjour dans l’eau ne transforme pas un tronc d’arbre en crocodile. Ah si on savait seulement qu’il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir les amis…
-"Et si on faisait la grève des cahiers ce soir ? me demanda Issakaà la sortie du cours. Je voudrais que tu m’accompagnes en chambre 31à la cité des filles, s’empressa t’il d’ajouter".
J’acquiesçai vigoureusement.
J’ai reçu l’amitié de Issaka, mon colocataire et ainé d’une seule année, comme l’on reçoit l’ablution matinale. Je l’ai connu dès les premières heures de mon arrivéeà Koudougou et il se révélera pour moi un complice indéfectible ; quatre années durant. Il venait de la province du Kourritenga, une des zones commerciales du pays. Ce qui devait expliquer certainement son dégré d’ouverture et sa maturité. Issaka qui m’apprendra plus tard que nous demeurons ce que nous sommes et que l’on ne rompt jamais avec son origine. La racine est la source de vie de la plante et la famille celle de l’être humain. Du reste au delà de nos apparences et différences, tous les Hommes demeurent ce qu’ils sont : de simples mortels dont les relations restent fondées sur l’idée de domination et d’égoïsme. C’est pourquoi je conteste l’idée selon laquelle l’homme serait un être vraiment intelligent. Car le génie de l’Homme vient de son orgueil et non de sa capacité saine à innover. Mais l’intelligence n’a rien de malsain. Un tel inventera l’automobile non pour aller plus vite mais pour mieux narguer ses rivaux dans la misère des courtisans. Un autre fera de brillantes études non pour l’utilité du savoir mais pour les éloges….et à force d’accumuler titres et gloire, ils en perdent jusque la raison. Si l’Homme est réellement intelligent, qu’il fasse d’abord la paix avec lui-même !
Ah novembre ! Sans doute le meilleur des mois. C’était un de ces soirs froids et secs où les cœurs grelottent et les esprits s’excitent. En traversant la cour de la cité des étudiantes, puis le seuil de la chambre 31, j’étais loin,…très loin d’imaginer que je ferais la rencontre qui allait bouleverser mes dix prochaines années. Comme l’orage qui surprend joyeusement le paysan, je vis la jeune fille défiler sous mes yeux, tel un papillon dans un champ d’ajoncs. Son doux parfum avait miraculeusement changé l’atmosphère de la chambre et je me souviendrai à jamais de son sourire.Cette fille était plus que ce que j’espérais. Elle avait la chaleur d’imagination qui anime le poète. Elle avait l’énergie de l’athlète BOLT et incarnait à la fois une beauté céleste avec une forme généreuse ; pour dire exact c’était une catastrophe humaine. Assurément, pensais-je secrètement ; cette fille mériterait bien que je vende mon âme aux diables pour tenir le justificatif d’une nuit à son chevet.